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Le dernier tour de piste de Gilbert Bécaud
PARIS (AFP, 21.12.01) - Gilbert Becaud a été inhumé vendredi au cimetière du Père Lachaise où il repose non loin de plusieurs personnalités du spectacle, dont Edith Piaf, celle qui contribua à lui mettre le pied à l'étrier dans les années 50 alors qu'il
s'appelait encore François Silly.
L'inhumation a eu lieu en présence du cercle de la famille rapprochée (une vingtaine de
personnes), avec, présence inattendue, un groupe d'une vingtaine d'adolescents belges d'un collège d'Anvers, en voyage à Paris.
Quelques heures auparavant, l'homme aux cravates à pois, mort
mardi sur sa péniche d'Aran d'un cancer du poumon à 74 ans, avait été accompagné à l'église de la Madeleine par plusieurs de ses pairs et compagnons de route. Au premier rang: son aîné Charles Aznavour, celui qui, parmi les premiers, prêta sa plume pour habiller les mélodies de l'enfant de
Toulon ("Viens", "Méqué-Méqué").
Compagnon de quelques "bringues" d'antan, Aznavour était placé non loin de la
seconde épouse du disparu, l'américaine Kitty Saint-John, et de ses six enfants, ses fils Gaya l'aîné, veillant à tous les détails dans son rôle de chef de tribu, son cadet Philippe, et les quatre filles, Anne,
Jennifer, Emily et Noï, la petite laotienne adoptée qui compléta le "clan" il y a 8 ans.
Avec la famille également, son "frère d'armes", "grande gueule" comme
lui, selon l'expression partagée par les deux compères, Pierre Delanoë, parolier-fétiche ("Nathalie", "Tu le regretteras", "Et maintenant"...). Agé de 83 ans, Delanoë est le dernier du
trio de mousquetaires des mots qu'il formait avec Maurice Vidalin ("C'était moi", "Les tantes Jeanne") et le préfet-poète Louis Amade ("Les marchés de Provence", "L'important c'est
la rose").
Il y avait aussi Enrico Macias, Marcel Amont, Line Renaud, Nana Mouskouri. François Valéry, Philippe Lavil font figure des rares cadets présents. Les anonymes, quelques centaines, moins nombreux que pour les obsèques au même endroit il y a un an de Charles Trenet, appartiennent à la même génération que Bécaud.
Parmi eux, certains ont sans doute figuré jadis parmi ceux qui
cassèrent quelques uns des 500 fauteuils brisés pour son premier passage en vedette à l'Olympia en avril 1954.
Roger Hanin, l'agent Dominique Besnehard représentaient le milieu du cinéma, un 7e Art où
Bécaud s'illustra brièvement ("Le pays d'où je viens" de Marcel Carné en 1956). Paulette Coquatrix, sa fille Patricia, son neveu Jean-Michel Boris, directeur artistique de l'Olympia jusqu'au rachat du
music-hall par Vivendi Universal, représentaient le "temple" de la chanson situé à quelques pas de la Madeleine où Bécaud s'illustra une trentaine de fois et pour un dernier rappel le 30 novembre 1999.
"Adieu M. Bécaud, notre voisin de l'Olympia", le salue le curé de la paroisse de la Madeleine, Bernard Mollat du Jourdin.
Lorsque le cortège emprunte le boulevard des Capucines pour
rallier le Père Lachaise dans l'est parisien, la voiture à bord de laquelle se trouve le cercueil du chanteur, observe un bref ralentissement devant la façade de la salle. Elle affiche à son fronton un "Salut
Gilbert Bécaud" en lettres de feu. Quelques minutes plus tard, l'hommage sera remplacé par l'annonce du spectacle de la soirée, un gala au profit de l'association "Clowns sans frontières" à l'enseigne
de "Tous en piste".
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