|
L'Olympia applaudit une dernière fois Gilbert Bécaud
Agence France-Presse, Paris, 21.12.01
Charles Aznavour, Enrico Macias, Nana Mouskouri, Paulette et Patricia Coquatrix,
directrices de l'Olympia, Marcel Amont et plusieurs centaines d'admirateurs anonymes ont salué une dernière fois le chanteur Gilbert Bécaud, lors des obsèques qui ont été célébrées vendredi à l'église de la
Madeleine, à Paris, à deux pas de sa salle-fétiche, l'Olympia.
Le chanteur a été inhumé en fin de matinée au cimetière parisien
du père Lachaise dans l'intimité familiale. Sa tombe est située dans la 45e division, chemin du quinconce, non loin de celle de Sarah Bernhardt.
Lorsque le cortège est passé devant le «temple» du music hall
l'Olympia, boulevard des Capucines, la voiture dans laquelle se trouvait le cercueil du chanteur mort mardi à 74 ans, a ralenti.
La trentaine de badauds qui patientaient dans le froid a applaudi, rendant
ainsi un dernier hommage à Gilbert Bécaud qui avait donné son dernier spectacle dans la célèbre salle dont il fut le «client» le plus fidèle (une trentaine de spectales en un demi siècle de carrière) le 30 novembre
1999.
Le nom de Bécaud figurait d'ailleurs une dernière fois en lettres de lumières au fronton de l'Olympia qui avait fait inscrire dès l'annonce de sa mort la mention «Salut Gilbert Bécaud».
Représentants du spectacle et de l'industrie musicale ont accompagné une dernière fois le chanteur (musiciens, éditeurs, producteurs...), ainsi qu'un public pour l'essentiel appartenant à sa génération.
Aux
premiers rangs, la famille du chanteur : sa deuxième épouse (américaine), Kitty Saint-John, les six enfants du créateur de «Mes mains» et quelque 400 chansons : les garçons, Gaya l'aîné, Philippe, et les quatre
filles, Anne, Jennifer (qui était son régisseur), Emily et la petite dernière, Noï, une fillette laotienne adoptée à l'âge de 7 ans en 1993. Dans son homélie, le père de la paroisse de la Madeleine, Bernard Mollat
du Jourdin, a salué celui qui avait «accueilli dans sa famille un être venu d'ailleurs».
Le prêtre a évoqué le «croyant féroce» que fut Bécaud, son «optimisme, son enthousiasme et sa joie de vivre». «Gilbert
Bécaud a réussi sa vie parce qu'il a servi et aimé l'homme, son copain», a encore dit le prêtre en ajoutant : «Adieu M. Bécaud, notre voisin de l'Olympia».
Le père Mollat du Jourdin a affirmé : «ce n'est pas
dans le roc qu'il a gravé son chant, mais sur des disques, et qui plus est dans nos coeurs. Il a donné son pas seulement son pain, mais de la joie et du rythme».
|