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"Nouvel album" est
le nom de l'album posthume de Gilbert Bécaud qui sortira le 19 mars 2002 chez EMI, trois mois presque jour pour jour après son décès, le 18 décembre dernier à 74 ans.
Son fils
ainé, Gaya, est le responsable de cet enregistrement, réalisé à partir de 28 chansons, dont 13 ont été retenues au final. La date de sortie du disque a été légèrement avancée, du 21 mars,
jour initialement annoncé, au 19 mars.
"Gilbert enregistrait tout le temps des maquettes, c'est la raison pour laquelle nous disposons d'un tel matériel", indique Gaya,
responsable depuis 20 ans de la création musicale de RTL.
Le disque se veut un panorama de l'univers du chanteur, avec entre autres la présence de ses paroliers-fétiches, Louis
Amade, Pierre Delanoë, Claude Lemesle et Maurice Vidalin. Un auteur inusité s'immisce dans ce quatuor, un jeune journaliste de télévision, Christophe Bardy, qui co-signe le texte avec
Gilbert Bécaud de "On marche", un titre au son très moderne, entre rap et "new jack", seule concession musicale au son de
l'époque dans un album à la tonalité d'ensemble conforme à la "patte" Bécaud.
Bécaud, à qui il arrivait souvent de réenregistrer certaines de ses chansons, a fait ainsi
pour ce disque avec deux anciens titres, "Je partirai", une composition de 1963, dont les paroles sont dues au "préfet poète" Louis Amade (qui sera le premier
"single"), et "Le pommier à pommes", un thème des années 70 au texte signé Delanoë.
Parmi les nouveautés figure un duo avec Serge Lama ("Le train
d'amour"), sur un rythme de jazz gitan. Il y a également trois compositions de facture country, genre musical qu'appréciait particulièrement le chanteur, dont l'une, "Adieu
l'ami", devait être interprétée en duo avec Eddy Mitchell. Deux extraits de "Madame Roza", comédie musicale adaptée du roman de Romain Gary/Emile Ajar (prix Goncourt 1975),
interprétés par Annie Cordy, complètent l'ensemble : "Bravo" et "'Faut vivre avec".
Le spectacle, qui a été monté à Broadway en 1986, demeure inédit en France.
Gaya Bécaud envisage d'en présenter la version française à Paris courant 2003. La date précise n'a encore été arrêtée, un projet d'une telle envergure necéssitant une longue préparation,
sur le plan financier en particulier.
Gaya Bécaud a précisé qu'un important travail de réédition de l'ensemble du catalogue de son père va être entrepris au cours des années qui
viennent. La première production sera la sortie en DVD (support qui combine son et image) des disques "bleu" et "rouge", correspondant à deux récitals qu'il avait
présentés avec chacun un répertoire propre, au cours des années 90 à l'Olympia. Au total, quelque 430 chansons devraient ainsi voir le jour, correspondant à l'ensemble de la production du
chanteur.
1 - Je partirai (Paroles de Louis Amade, musique de Gilbert Bécaud) 2 – Le cap de bonne espérance (Paroles de Claude Lemesle, musique de Gilbert Bécaud) 3 – On marche (Paroles de Christophe Bardy et Gilbert Bécaud, musique de Gilbert Bécaud) 4 – Le train d’amour en duo avec Serge Lama (Paroles de Serge Lama, musique de Gilbert Bécaud) 5 – Viens dans la lumière (Paroles de Pierre Delanoë, musique de Gilbert Bécaud) 6 – La mort du loup (Paroles de Claude Lemesle, musique de Gilbert Bécaud) 7 – L’aventure (Paroles de Maurice Vidalin, musique de Gilbert Bécaud) 8 – Au bout de la route (Paroles originales de Michael Kunze, adpatation françoise de Claude Lemesle, musique de Gilbert Bécaud)
9 – Le pommier à pommes (Paroles de Pierre Delanoë, musique de Gilbert Bécaud) 10 – Au revoir (Adieu l’ami) (Paroles de Maurice Vidalin, musique de Gilbert Bécaud) 11 – Bravo extrait de la comédie musicale « Madame Roza », interprétée par Annir Cordy
(Paroles de Julian More, adpatation de Claude Lemesle, musique de Gilbert Bécaud) 12 – Faut vivre un peu extrait de la comédie musicale « Madame Roza », interprétée par Annir Cordy (Paroles de Julian More, adpatation de Claude Lemesle, musique de Gilbert Bécaud) 13 – Viens nous aider (Paroles de Louis Amade, musique de Gilbert Bécaud)
Trois mois jour pour jour après que les cieux ont débranché «Monsieur 100 000 volts», la voix grave et mélodieuse du compositeur et interprète de quelque 400 chansons renaît grâce au travail de son fils, Gaya Bécaud. Celui qui avait révélé la triste nouvelle sur les ondes de la radio RTL et qui accompagne les enregistrements de son père depuis près de trente ans a sélectionné les treize titres qui figurent sur un album posthume intitulé Gilbert Bécaud.
«Ce sont les témoignages extraordinaires du public, les innombrables messages de soutien reçus, qui m'ont poussé à faire ce disque. Il n'y a eu ni calcul, ni longue réflexion de ma part. J'ai surtout pris garde de ne pas trahir les volontés de mon père et l'esprit musical qu'il avait imaginé», explique Gaya Bécaud par téléphone.
Muni de la trentaine de maquettes dont il disposait, captées entre 1999 et septembre 2001, le directeur de création de RTL s'est calfeutré un mois en studio pour achever cet enregistrement où se côtoient chansons inédites, anciennes versions réorchestrées, deux extraits de la comédie musicale de 1987 Madame Roza interprétés par Annie Cordy, ainsi qu'un duo avec Serge Lama, Le train d'amour.
Cet album inégal aux sonorités strictement acoustiques, qui débute par l'exhumation judicieuse de Je partirai et au générique duquel on retrouve les signatures des fidèles paroliers de l'interprète de Nathalie (Louis Amade, Claude Lemesle, Maurice Vidalin, Pierre Delanoé), est tour à tour grave, sentimental et léger. A l'image des variations d'ambiance qu'a toujours affectionnées le pianiste.
«Je souhaitais que le disque reflète un panorama des différents styles de Gilbert, que le public retrouve le Bécaud qu'il connaissait, poursuit Gaya Bécaud. Dans cette perspective, il était important d'y insérer ces deux adaptations françaises de Madame Roza, une comédie musicale qui a accaparé tout de même treize ans de sa vie artistique.» Au fil des mois à venir, cette première renaissance de l'artiste se verra complétée par toute une série de publications originales et de rééditions.
Après la diffusion télévisuelle prochaine d'un document réalisé par Emmanuel Chain durant la session d'enregistrement de ce disque, Gaya Bécaud envisage de sortir en octobre un
double DVD qu'il a tourné lui-même à l'Olympia de Paris. Il dispose aussi dans ses tiroirs de «80 bonnes chansons et versions inédites», dont des titres surprenants réalisés en
collaboration avec Quincy Jones. A 49 ans, Gaya Bécaud se pose ainsi aujourd'hui, à la manière du fils de Léo Ferré, en exécuteur testamentaire musical d'une ouvre paternelle courant sur
près de cinquante ans.
- Olivier Honer, Libération
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