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Gilbert Bécaud : 73 ans, 730 000 volts...
Trois ans seulement après un album en demi-teinte, "Ensemble", et six après le succès de "Quand t'es petit dans le
Midi", Gilbert Bécaud revient. Son nouvel album, "Faut faire avec...", est une somme de petits bonheurs modernes. Le 24 octobre prochain, Bécaud aura 74 ans : joyeux anniversaire, Gilbert
!
Mâtin, quel beau disque ! On adorait Bécaud, ses marchés de Provence et son Pierrot qui danse. Quarante ans après, le bonhomme est
toujours vaillant et il arrive sans peine à faire rire ou pleurer, c'est selon. Le cœur de "Faut faire avec…" est indiscutablement corse : "les Gens de l'île" commence comme un hymne
d'I Muvrini, cornemuse comprise. C'est normal, c'est une déclaration d'amour aux Corses, sur des paroles de Pierre Delanoë et de Petru Guelfucci, dont on retrouve la voix exceptionnelle aux choeurs et au
chant. Bécaud chante à contre-courant des idées reçues : "L'aventure/ C'est leur domaine/ Et c'est leur problème/ Et c'est leur histoire"...
Juste après la Corse, l'Italie : "Felicita", inspirée d'un des morceaux les plus bréliens de Lucio Dalla. Une histoire de vie
à l'imparfait, des guitares, des mandolines. La mort au rendez-vous, l'oubli aussi. La voix de Bécaud, toujours égale à elle-même, à peine un peu éraillée par les cigarettes et leurs conséquences,
atteint ici un sommet d'émotion. Et ainsi va l'album : histoires douces et décalées ("Chante-moi", au fort potentiel tubesque), plaisirs démodés ("When we dance") et, surtout,
"Légende des Siècles" de Pierre Delanoë, "Dieu est mort", solide reprise d'un grand Bécaud des années 70, auréolée de guitares au milieu des tempêtes... Car ce disque est un disque
d'aujourd'hui, très acoustique, enregistré en petite formation. Bécaud a su s'entourer : "Faut faire avec..." est réalisé par André Manoukian, l'ex-mentor de Liane Foly - et dirigé par Jean
Mareska, qui s'est illustré aux côtés de Goldman... Si les Cubains ont Compay Secundo, nous, on a Gilbert Bécaud.
- Jean-Claude Demari
Même en vivant une semaine avec ce nouvel album de "Monsieur 100 000 volts", à l'écouter et l'écouter encore, on ne peut en
venir qu'à une conclusion: Gilbert Bécaud n'amène rien de vraiment nouveau. Bien sûr, la voix unique, forte et parfois rauque de Bécaud est toujours au rendez-vous. Une voix peut-être même plus belle,
plus chaude et mordante, avec les années qui passent. L'homme a également toujours le ton juste pour emprunter les avenues du rire et du drame. Sa musique, fort heureusement, arrive parfois à surprendre.
Les cordes y sont omniprésentes, particulièrement le violon et la mandoline. Bécaud est allé jusqu'à oser la complicité d'une cornemuse et... d'une râpe à fromage. Complicité également de Didier
Barbelivien pour la chanson "Le poisson rouge", qui ne passera pas au palmarès des immortelles de Bécaud. Tout comme "La fille au tableau", signée Luc Plamondon, que le chanteur
interprète avec sa fille. Parce que cet album en lui-même ne provoque rien, sinon l'envie d'écouter les classiques du sympathique Gilbert, on ne peut que l'ajouter à sa propre collection par simple amour
de Bécaud, sans plus. Le titre de l'album serait-il à lui seul un indicatif? "Faut faire avec..." laisse en effet sous-entendre qu'il faut s'en contenter!
- Martine Caza
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